Édito du Président (Avril 2016)

Les eurosceptiques Néerlandais secouent notre Union !

Dans le premier référendum de ce genre sur un accord de partenariat de grande envergure entre l’Union européenne et l’Ukraine, les électeurs néerlandais l’ont rejeté le 7 Avril. L’arithmétique post-électorale sur des résultats provisoires nous enseigne toutefois que plus de 2/3 des électeurs ne se sont pas déplacés et que s’ils ne sont que 20% des citoyens à rejeter l’accord, seuls 13% l’ont approuvé. Rappelons que, eux, les Ukrainiens se sont battus pour cet accord, après le volte-face en 2013 de leur ancien président qui avait renoncé au dernier moment, sous pression de Moscou, à le signer et en conséquence avait provoqué le soulèvement pro-européen du Maïdan à Kiev.

Les Pays-Bas sont le dernier pays de l’UE à ne pas avoir ratifié, alors qu’il a reçu le feu vert de leur Parlement. Certes le résultat n’est pas contraignant, mais ni le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui préside actuellement aux destinées de l’Union pour 6 mois, ni l’UE ne peuvent l’ignorer; simplement parce que ce résultat est un vote de défiance contre l’intégration européenne ; il claque comme un coup de fouet à travers l’Union ; il constituera une grande aide aux partisans du Brexit, qui militent pour la sortie de la Grande-Bretagne hors de l’UE lors du prochain référendum de Juin. Et enfin c’est surtout un cadeau tout à fait bienvenu pour le président russe Vladimir Poutine, qui cherche plutôt une UE affaiblie et divisée. On peut être frappé aussi du paradoxe de ce vote négatif alors que les Pays-Bas ont vécu douloureusement le drame du vol MH17, abattu en juillet 2014 au-dessus de l’Ukraine, par un missile venant des zones pro-russes; plus de 190 passagers néerlandais y avaient trouvé la mort.

Le vote néerlandais a une signification particulière. Les Pays-Bas est l’un des 6 membres fondateurs de l’UE , connu pour ses valeurs libérales, résolument tourné vers l’Ouest; mais ces dernières années, il a donné naissance à des mouvements anti-immigrants et anti-UE , qui combinés visent à rejeter toute perspective pour leur pays dans l’Europe.

L’UE, devant ratifier l’accord avec l’Ukraine à l’unanimité, se voit maintenant contrainte de trouver une clause particulière pour les Pays Bas; à court terme, cet accord comportant un important volet commercial mais aussi politique, ayant déjà été approuvé par le Parlement européen et les 27 autres pays de l’Union, est entré en vigueur de manière « provisoire » le 1er janvier 2016 ; certes le « provisoire » ne pourra pas durer éternellement. Ce serait extrêmement dommageable pour le mouvement pro-réforme en Ukraine, qui a besoin de cet accord pour renforcer sa position et poursuivre la modernisation du pays.

De fait, avec la suite inquiétante des attentats, la crise migratoire qui met au jour de profondes divergences entre ses membres, l’Union donne l’image d’une construction politique tentant avec grande difficulté d’assurer la sécurité et la prospérité économique à ses citoyens. Une série d’initiatives motrices de certains de ces membres fondateurs est plus que jamais nécessaire pour reprendre une vitesse de croisière après cette zone de turbulences ininterrompues.

 

Jacques 2

Jacques VONTHRON, Président de la Maison de l’Europe de Toulouse Midi-Pyrénées

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